Artistes de Guédé

Hawoly Diop

Originaire de Guédé Chantier, Hawoly Diop, aussi appelée Didi Diop, a passé sa jeunesse ainsi que ses études dans la région de Podor. En plus d’être agriculteurs, ses parents sont également griots, et Hawoly porte cette identité avec résolution et fierté, et cela peu importe les circonstances!

Après des études à St Louis, Hawoly passe avec succès son examen d’enseignante. Après une autre formation à Thiès, elle passe aussi le concours CAP puis revient à Guédé Chantier avec une nouvelle mission: diriger l’école primaire. Hawoly est profondément dédiée à ce nouvel emploi, où la volonté et l’engagement sont les clés de la réussite.

En plus de son engagement dans l’école et la politique municipale, Hawoly devient membre puis présidente de la SCOFI, un comité départemental de femmes enseignantes créé en 1997. L’objectif initial, la promotion des jeunes filles par l’accès à l’école, est à présent atteint: il faut maintenant être actif sur le maintien et le suivi de l’éducation des élèves, de la primaire à l’université.

Au delà de l’éducation, Hawoly mène une lutte frontale contre les mariages et les grossesses précoces, ainsi que contre les mutilations génitales féminines. Ce combat de tous les jours, Hawoly le mène en organisant des journées de sensibilisation au sein des villes et villages du département. Elle est également active auprès des familles et des parents. Une actrice inestimable sur le plan de l’éducation et du droit des femmes dans tout le département de Podor!

Ousmane Camara

Inspiré par des artistes comme Lucky Dube, Bob Marley et Youssou N’Dour, Ousmane fait de la musique depuis 2009. Une formation à l’Ecole des Beaux Arts à Dakar de trois ans lui a donné le savoir-faire  pour accomplir son talent extraordinaire qui lui a rapporté le deuxième prix lors du festival national « Fesnak », un prix renommé conféré par l’association française « Francophonie ».

Ousmane chante et joue de sa guitare dans deux catégories : le reggae et le Yalla, la musique locale. Conscient de la valeur de sa langue maternelle, il chante les deux genres en pulaar. En solo ou avec un groupe de musiciens et de danseuses, il a déjà participé à des concerts, mariages et festivals dans les 14 régions du pays. Il espère voyager dans d’autres pays africains dans le futur pour leur faire connaître sa culture et pour s’échanger avec d’autres artistes du continent.

Voulant faire profiter les démunis de ses performances musicales également, il joue souvent gratuitement dans les villages car il est convaincu que sa musique a des objectifs très importants : rendre heureux, faire oublier ses soucis et donner un message aux gens qu’il faut travailler ensemble pour un meilleur développement.

Sa cible principale sont les enfants qu’il veut motiver à une vie plus saine et plus calme en réveillant leur passion pour la musique. Pour cela, il veut se consacrer de plus en plus dans la formation musicale des enfants.

A présent, Ousmane a déjà publié deux albums, il est aussi présent sur Youtube, entre autres par les chansons « Ndendendjan » (On est ensemble) et « Madiba » (Révolutionnaire). Il est en train d’écrire une chanson pour REDES, avec le titre « Développement ».

Magamou Diallo

C’est grâce à son métier de fabricant d’instruments traditionnels (le tamtam est un instrument qui se fait entièrement par de matériel naturel – bois, cuire et cordes) que Magamou a découvert le tamtam, une sorte de tambour sénégalais et s’est fait instruire par le joueur populaire local Amadou Diallo.

Habituellement, Magamou est invité à jouer, seul ou avec une équipe de joueurs de jusqu’à 5 personnes, lors d’événements, tels que des mariages, campagnes électorales, baptêmes et des manifestations culturelles, mais des fois, il s’associe avec d’autres artistes afin d’effectuer des performances artistiques, tel que le théâtre ou le combat traditionnel lors de la période du Ramadan. Par ceci, ils aident à sauvegarder et à raviver les coutumes locales. Consacrant sa passion au tamtam depuis 10 ans, Magamou rêve de pouvoir vivre un jour de cette activité qui, selon lui, aide à « apporter la paix ».

Au cours des dernières années, il avait l’occasion de contribuer aux activités de REDES notamment lors des visites d’étrangers qui ont donc l’occasion d’expérimenter une ambiance spéciale et typiquement sénégalaise.

Saïdou (Hamet) Dia

C’était pendant sa formation d’électricien que Saïdou s’est rendu compte de son talent de dessiner. Il décida donc d’entamer une formation particulière à Dakar qui lui a permis d’apprendre la calligraphie, la sérigraphie et d’autres techniques de dessin et de peinture.

Et cette formation a apporté des fruits ! Aujourd’hui, on peut voir les travaux de Saïdou sur des pancartes au long des routes, des boutiques, des écoles et mêmes des mosquées. Entre autres, il a élaboré un grand tableau pour REDES que l’on peut voir à l’entrée du village de Guédé Chantier.

Le jeune artiste, qui dessine aussi bien avec le crayon qu’avec les couleurs en eau et en huile, collabore surtout avec des associations et d’autres acteurs de la société civile car, dans le monde du commerce, « on n’apprécie pas assez le vrai art mais cherche surtout le meilleur prix ».

Mais Saïdou s’engage aussi pour la nature. Membre ancien de l’association environnementale des jeunes de Guédé Chantier « Eco-Sentinelles », il utilise son talent, en coopération avec d’autres artistes, pour sensibiliser et motiver les locaux à un comportement plus écologique par des événements culturels, comme le théâtre et des images expressives.

Dans le futur, il souhaite devenir un « grand peintre », reconnu dans le monde international. Mais jusque-là, il donne un grand service à son village !

Je recommande de mettre la photo de la pancarte de REDES et une autre photo du travail de Saïdou.

Mamadou Oumar Gueye

A l’âge de 12 ans déjà, Mamadou Oumar Gueye a commencé à écrire ses premières poèmes.

Le jeune artiste, qui gagne sa vie comme tailleur à Guédé, a passé 8 ans à l’école Layabasse (j’espère que j’ai bien noté le nom) à Nouakchott (Mauritanie) afin d’être instruit dans la langue et la poésie du Pulaar, la langue parlée, entre autres, dans la contrée autour de Guédé et quatre autres pays en Afrique de l’ouest.

Mamadou compose ses textes notamment pendant la nuit, « quand il est calme » et il s’inspire par la vie quotidienne, tels que la politique et la vie notamment des nouvelles générations mais aussi des histoires religieuses, les marabouts et les héros du passé. Ces textes servent à critiquer les problèmes actuels, d’autres sont censés à encourager le peuple sénégalais en donnant de bonnes exemples de leaders et de modèles africains, tels que Thomas Sankara ou Nelson Mandela.

Actuellement, les œuvres de Mamadou sont présentés surtout dans des pièces de théâtre et à la radio communautaire mais, dès qu’il y a des moyens, il rêve de les publier dans un livre. Egalement, il y a un plan de les traduire en plusieurs langues ce qui donnerait l’occasion à des lecteurs hors la région de connaître et comprendre mieux le contexte et les conditions de vie au Sénégal. Un autre projet est de partir aux Etats-Unis afin de présenter à la communauté afro-américaine le passé de leurs ancêtres.

A part son activité de poète, le jeune artiste s’engage dans l’association « des jeunes pour le développement de Diabe Fresbe » (un quartier à Guédé) qui organise de différents événements culturels (théâtres, courses de pirogues, chansons, danses et habits traditionnels), des cérémonies religieuses mais aussi des actions de nettoyage du quartier.

Un jeune idéaliste qui donne de l’espoir !