Rapport de Theo

Bonjour à tous!

Ce qui suit est un petit compte-rendu de ma semaine passée dans l’eco-commune de Guédé Chantier, au nord du Sénégal. C’est là-bas que j’ai pu, grâce au Dr. Pame et à son aide précieuse, réaliser une partie de mon stage de recherche sur le mouvement des ecovillages au Sénégal pour mon Master sur les services écosystémiques à l’Université d’Édimbourg.

Premier mouvement de ce genre au monde, le Sénégal abrite de nombreux acteurs œuvrant pour une transition du monde rural avec les ecovillages, et mon séjour m’a appris que le REDES porte cette dynamique avec passion et ténacité !

Guédé Chantier fut donc le premier village visité durant ce séjour, dans les terres arides du Fouta, non loin de la frontière avec la Mauritanie. La semaine passée là-bas fut remplie de formidables rencontres et de moments chaleureux,  à commencer par la très hospitalière famille Pame ! Ce fut l’occasion pour moi, jeune occidental, de découvrir une culture qui m’était alors totalement étrangère : la cuisine sénégalaise, les coutumes et habits traditionnels, les pratiques religieuses diverses et la vie en famille élargie. Quelle découverte !

Assane Diop, point de contact local du réseau REDES et bras droit d’Ousmane Pame, me présenta les diverses initiatives qui ont vu le jour depuis que la commune s’implique dans l’approche écovillageoise. Ainsi, c’est toute une panoplie de pratiques socio-écologiques qui fut implémentée sur Guédé Chantier et ses alentours : agriculture écologique et permacole, gestion et recyclage des déchets, scolarisation des enfants ou encore sensibilisation des habitants sur les thématiques écologiques et solidaires. Le projet agroforestier de Diarra, par exemple, est une véritable oasis où poussent de nombreux légumes au milieu d’arbres fruitiers, là où n’existait auparavant dans l’aride sol sahélien ! Ce combat pour une agriculture saine et durable se mène sur tous les fronts, a l’image de Salamata Pame qui œuvre au sein du centre de ressources génétiques agricoles et pour la mise en place d’une radio communautaire pour les fermiers du département de Podor.

Guédé Chantier, c’est donc un grand ensemble de personnes impliquées dans la vie de leur communauté : des artistes, des professeurs, des lycéens, des fermiers etc … Le Mouvement pour la Renaissance de Guédé Chantier, fièrement porté par les étudiants de la commune, a ainsi pour mission d’agir concrètement sur les enjeux environnementaux, et de sensibiliser les personnes des plus jeunes aux plus âgées, afin de réduire collectivement la pollution plastique et de participer au reboisement de la région.

Voir à quel point la force d’une poignée d’individus convaincus et déterminés peut changer le visage d’un village comme Guédé Chantier fut vraiment une expérience humaine très enrichissante. Bien sûr, la politique municipale joue un rôle important dans cette dynamique, mais la transition est bel et bien en cours et le mouvement prend de l’ampleur ! Le réseau REDES compte en effet s’impliquer au-delà des frontières afin d’impacter positivement l’ensemble du Sahel en promulguant l’approche intégrée et endogène des ecovillages. Une vision fascinante et nécessaire, au regard des importants changements climatiques qui touchent dans cette région située ‘à la porte du désert’ et qui poussent tant de jeunes vers l’exode rurale.

Le REDES et les ecovillages nous démontre que les sociétés humaines, loin d’être un fléau pour la nature, peuvent au contraire travailler avec elle, s’intégrer à elle avec humilité et respect, et même l’embellir grâce à toutes sortes de pratiques et de savoirs qui ne demandent qu’a être entendus, propagés et appliqués en harmonie avec l’environnement. Ainsi, entre l’accueil chaleureux et la richesse des initiatives ecovillageoises, je ne peux que recommander à celles et ceux qui aimeraient en savoir plus ou même s’impliquer directement de contacter le Dr. Pame. Un immense merci à sa famille et à Assane qui ont fait de ce séjour une aventure humaine que je n’oublierai jamais. Comme dirait Assane, petit à petit, l’oiseau fait son nid, et si il y a bien une chose qui peut contribuer à cela, c’est de partager et d’échanger d’avantage sur ce projet visionnaire d’un Sahel vert et solidaire.

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