Rapport Sabine Guenther

Rapport de mon séjour à Guédé Chantier du 18 mars au 12 avril 2018

Travaillant dans le domaine du développement durable en Tunisie, j’ai découvert REDES et son président Ousmane Pame à ma recherche d’écovillages et de pratiques en permaculture en Afrique sub-saharienne.

Je suis restée un mois, au sein de la magnifique famille d’Ousmane, à Guédé qui m’a fait me sentir immédiatement comme membre de la famille. Une partie de mon activité a consisté à préparer le terrain pour la visite d’un groupe de l’écovillage Damanhur en Italie à Madina Fresbe, un hameau près de Guédé dont une partie est utilisée par un groupement de femmes comme jardin, selon les principes de l’agroécologie. Le terrain autour de ce jardin était planté d’arbres fruitiers par nous et clôturé pour le protéger contre les moutons et chèvres.

Une autre activité était de contribuer à la planification du future hub d’écovillages à Lahel, un endroit à peu près trois quarts d’heures de Guédé, qui contiendra, entre autres, un centre d’éducation, un site démonstratif permacole, des éco-constructions et une banque de semences locales. Cet hub comprendra 35 écovillages au Sénégal et en Mauritanie ce qui donnera un aspect transfrontalier supplémentaire, très important en vue du fait que des familles sont souvent éparpillées dans ces deux pays. Les pays souffrent des mêmes problèmes écologiques (notamment la désertification) et socio-économiques (exode rural, perte de la souveraineté alimentaire et hausse exorbitante des coûts d’intrants dans l’agriculture).

J’ai passé la plupart de mon séjour à Guédé même qui est un endroit calme et très agréable. Contrairement à d’autres villages de la région, Guédé est assez vert, profitant d’une multitude d’arbres au long des rues et aussi d’un jardin communautaire qui contient des arbres comestibles et autres et qui crée un micro-climat très agréable pendant les mois les plus chauds. Mais attention – il ne faut pas y aller seul car si l’on se rapproche des ruches des abeilles, ça peut devenir dangereux car les abeilles africaines sont aussi plus productives que plus agressives que leurs homologues européens.

Pendant mon séjour, j’ai pu assister aussi aux procédures de la transformation des légumes pour une meilleure conservation et commercialisation, une des approches pour créer des revenus pour les femmes du village. Cette méthode contribuera à une alimentation plus saine et diversifiée aussi bien qu’à une plus grande indépendance alimentaire des locaux.

J’avais l’occasion aussi de visiter plusieurs écoles primaires du village qui ont commencé, ou qui planifient dans un proche futur, de créer leur propre jardin écologique qui fournira des aliments sains pour les cantines tout en responsabilisant et en sensibilisant les enfants sur la matière de la gestion d’un jardin, les écosystèmes et l’alimentation naturelle. Il m’a fait énormément plaisir d’avoir pu animer une action de ramassage des déchets sur le terrain d’une de ces écoles un jour. L’enthousiasme des élèves donne l’espoir qu’avec un bon guidage et en donnant la responsabilité aux enfants, la jeune génération pourra devenir de futurs écologistes !

Le problème primordial que j’ai constaté à Guédé et ses alentours est la perte de la biodiversité et la désertification, suite au changement du climat, le déforestation et une mauvaise gestion de l’agriculture, due à la culture d’espèces qui ne sont pas adaptées aux climat et qui demande donc l’utilisation d’engrais chimique de pesticides et une consommation excessive d’eau. En même temps, les traditions alimentaires se perdent, aussitôt que les semences paysannes. Des maladies « modernes », comme la diabète et la haute tension, sont en forte hausse.

REDES veut rompre ce cercle vicieux et je suis honorée de pouvoir participer à cette vision. En donnant quelques conseils sur des techniques permacoles et l’écotourisme, en discutant avec les locaux sur les avantages d’une alimentation traditionnelle et d’un environnement sain et en contribuant par des idées sur le futur centre d’écovillages à Lahel, j’espère avoir contribué un petit peu à cette vision ambitieuse qui servira comme modèle non pas seulement pour le Sénégal mais aussi pour d’autres pays, comme la Tunisie.

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